Un nouveau chapitre

J’ai choisi mon plus beau souvenir pour vous parler de la fin des sacs et de la “fin” en général, cette liberté si méconnue…
Chaque pas nous mène au suivant, et ainsi de suite se suivent des milliers de petits pas qui nous guident à une étape et puis une autre. Tout ceci crée finalement un cheminement.
Et ne dit-on pas si bien que c’est le voyage qui compte et non la destination, qu’il nous faut apprendre à apprécier le voyage et les nombreuses vues qu’il nous apporte.
Quand je me suis lancée dans l’aventure des sacs, je n’avais pas décidé de construire une marque mais j’avais le besoin de me retrouver et avec le recul observé, je dirai même me trouver tout court.
J’étais une jeune femme de 30 ans et je me rendais compte qu’il manquait certaines cordes à mon arc nécessaires pour être le mieux armée face à la vie et les aventures qu’elle me réservait.
A l’époque, la profonde ambition qui m’animait c’était d’être moi même à nouveau animée et ne plus porter le fardeau du traumatisme, du deuil du traumatisme que l’on arrive pas à franchir. Parce qu’on ne se sent pas assez forte, pas capable, parce qu’on n’a justement pas assez confiance en nous, au fait d’avoir cette force incommensurable qui nous fait soulever des montagnes, et parce qu’une blessure en cache parfois une autre, si pas plusieurs.
Je me suis rendue compte que ce dont j’avais besoin était d’élever ma confiance en moi, mon estime de moi même, de croire en ma capacité à tout accomplir quoiqu’on avait pu me laissé croire à moi, et accessoirement aux autres femmes.
Je parle des autres femmes parce que c’est ce qu’on fait, nous les femmes… On observe chez celles qui nous entourent le ressenti, l’expérience, le conseil, le prochain pas à faire ou ne pas faire.
Avoir donné mon prénom à la marque a tellement plus de sens aujourd’hui. A l’époque j’avais quelques doutes, probablement parce que je ne me sentais pas légitime et j’appréhendais d’associer mon nom à l’échec éventuel.
Quand on me posait la question au début quant au nom, je n’avais pas trop de réponse, je disais c’est ma marque pourquoi pas simplement lui donner mon nom, et au fil du temps ma réponse s’est éclaircie et même affirmée, car c’était ce que je ressentais de façon viscérale.Avoir nommé ma marque MOLKA ne pouvait être qu’une évidence, parce qu’au final je grandis à travers elle, quand la marque apprend une leçon cela m’affecte et inversement, nous avons évolué et bâti ensemble notre propre légitimité. Même les obstacles rencontrés m’ont finalement permis d’apprendre, car c’est quand nous sommes face à nos limites (ou plutôt celles qu’on pense être ou encore une fois qu’on nous a laissé entendre) que nous sommes poussés à sortir de notre zone de confort.
J’ai enfin pris conscience que le but n’était finalement pas d’emmener la marque quelque part mais que la marque me mène là où je suis aujourd’hui avec tout ce que j’ai appris.
Chaque obstacle n’est qu’un détour pour nous faire évoluer et nous guider vers notre personne en devenir.
Ces cinq dernières années m’ont fait me rencontrer mais une chose était certaine dès le départ, c’est ma passion de la création et mon âme de créatrice, d’artiste qui m’anime depuis ma tendre jeunesse. Lorsque j’ai lancé les sacs, plusieurs projets liés à la création m’inspiraient mais je devais faire un choix et c’était aussi celui que le destin semblait avoir choisi pour moi.
Avec l’année qui s’est écoulée il est vrai que la charge mentale a été plus importante et plus difficile à gérer, surtout quand on est seule à la tête de son entreprise. Non pas que je ne suis pas capable d’y faire face mais j’ai senti que je n’étais plus transportée de la même façon, et le fait d’être à l’arrêt pendant plusieurs mois a éveillé cette âme de créatrice et son désir de donner vie à ces autres idées mises en suspens. Quand je ne crée pas, je m’éteins Il me faut arroser cette plante qu’est la création pour entretenir ma passion parce que les idées se bousculent en voyant des matières, des couleurs, des objets.
Je souhaite aussi de plus en plus se faire croiser mes ambitions professionnelles à certaines valeurs personnelles essentielles, et comme ces nouvelles directions prennent du temps et de l’énergie, je m’allège telle la montgolfière pour monter un peu plus haut ou comme le chantait GOLD un peu plus près des étoiles pour oublier les rivages brûlants et être un peu plus libre qu’avant.
Mon coté électron libre a soif de liberté. Autre fait indéniable qui me caractérise, je suis comme le papillon qui a besoin de butiner de fleur en fleur. Il m’est essentiel d’être libre pour attiser le feu qui brûle en moi, pour me sentir vivante.
J’ai besoin de bouger, de changer, d’essayer, de prendre des risques.
Quand j’ai fait le tour, je choisis non pas de renoncer car je ne vois ma décision comme un arrêt , une FIN ou encore une fatalité.
Je choisis de prendre mes bagages et les joyaux découverts pendant ce voyage ( avec des escales entre vie pro, perso, sentimentale et de nombreuses séances de thérapie) pour aller vers une prochaine étape de la destination finale qui n’est autre que mon épanouissement personnel.
Etre fière de moi, avoir confiance en moi, prendre conscience que je suis capable de surmonter des obstacles, de réaliser un projet (et je ne parle pas que d’une entreprise, tout objectif en est un, il n’y pas de petite ou grande ambition tant que c’est la nôtre c’est tout ce qui compte) être résiliente, me donner ma légitimité et ne plus la chercher chez les autres, constater que rien ne m’était insurmontable, même les plus profondes blessures, tout ça représente les joyaux trouvés.
La fin a tendance à être associée à une fatalité mais n’est ce pas plutôt une délivrance…je pense que oui, ne dit-on pas aussi un mal pour un bien. Aujourd’hui je ne vois plus ma brûlure comme une cicatrice, mais comme l’opportunité qui m’a menée à entreprendre tout ce chemin et ce travail. Evidemment aller à la rencontre de soi même, de ses blessures et de ses ambitions n’est pas un long fleuve tranquille, mais tout comme la vie.
La fin n’est que la continuité de l’apprentissage, de l’ expérience, des aventures, de la vie.
C’est une renaissance et c’est exactement le mot que j’avais utilisé il y a 4 ans lors d’une interview mais qui résonne tellement plus fort aujourd’hui comme une profonde conviction.
Et c’est ce que j’avais envie de transmettre, on peut renaître et changer de trajectoire à tout moment.
Je n’ai jamais voulu être juste une marque de sacs, mais créer en essayant de laisser une empreinte. Même si notre histoire n’ inspire qu’une seule personne, c’est quand même une personne qui aura peut être le souffle dont elle avait besoin pour prendre un nouvel élan, car c’est en partageant nos moments de vie qu’on s’élève les unes les autres.
Et puis n’est ce pas cela qu’on emporte d’un être… Ce dont on se souvient, c’est ce qu’il nous a fait ressentir.
J’ai commencé cette aventure pour moi et je l’ai continuée pour les autres, pour partager que l’on pouvait tout accomplir, et surtout s’accomplir soi-même quelque soit notre passé, notre présent, nos faiblesses ou encore nos blessures. J’avais envie de montrer qu’il était possible de tout panser, de SE panser et pouvoir enfin penser l’avenir.
En tournant la page des sacs, je ne fais que remonter dans le train pour me mener à la prochaine escale, même si encore inconnue, mais ce n’est pas le plus important car j’ai appris que ce qui comptait c’était la vue et tant que je profitais de l’instant de l’admirer et de vivre ce dernier pleinement, je serai épanouie car j’ai enfin découvert que l’essentiel à mes accomplissements n’est autre que moi-même.

Notre action solidaire

Nous avons fait de notre porte clés notre pièce solidaire. Dans une volonté de respecter notre engagement responsable et solidaire, le porte clé a été créé avec nos chutes de cuir. La totalité des bénéfices récoltés sont reversés à l’association Citoyens Solidaires qui fournit des colis alimentaires aux migrants et aux familles tombées en situation de précarité dû à la crise sanitaire mais aussi la crise économique.

 

Avant de pouvoir tourner la page, il reste encore un peu de stock à écouler. On compte encore un peu sur vous pour nous aider à clore le chapitre que vous avez aussi permis d’écrire en partageant la marque et aussi son histoire autour de vous.
Merci d’avoir fait vivre cette aventure.
Molka